Relate l'été que les auteurs ont passé dans cette péninsule de l'Extrême-Orient russe, à traverser à pied sa chaîne orientale, la plus spectaculaire en matière de volcanisme actif (geysers, solfatares, émissions gazeuses continues), et sa chaîne occidentale, moins élevée, où nomadisent les renniculteurs évènes. Cette marche de quelque mille kilomètres, hors route et hors piste, hormis les passées des ours bruns dont le Kamtchatka reste le sanctuaire, fournit l'occasion d'une réflexion sur les beautés de la nature et de l'isolement. Les auteurs ont aussi pu consulter l'essentiel de la matière publiée sur cette région, depuis sa découverte au XVIIème siècle, et n'hésitent donc pas à mettre leur expérience en regard de celle des voyageurs, parfois français (on songe à Lapérouse, Barthélemy de Lesseps, voire la violoncelliste Lisa Cristiani), qui les ont précédés dans cette contrée longtemps interdite aux Russes non habilités et aux étrangers. En dépit du caractère désertique des régions arpentées, ce récit est enfin prétexte à découvrir l'âme sibérienne, à travers le portrait des géologues, volcanologues, chasseurs, éleveurs ou pêcheurs rencontrés. Il s'inscrit, pour ses auteurs, dans un voyage qui se poursuivra à destination des Kouriles et, pour Transboréal, dans le désir de faire découvrir les richesses naturelles et humaines de la Russie, jusqu'en ses marges.