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LA SOCIETE CIVILE : LE 3EME POUVOIR - CHANGER LA FACE DE LA MONDIALISATION

Code EAN13: 9782913492219

Auteur : CHARRIERE

Éditeur : YVES MICHEL


   Arrêt de commercialisation
Préface

La fin du XXe siècle a vu s’effondrer les dogmes dont s’enchantaient les élites dirigeantes pour gouverner le monde. L’histoire retiendra probablement que cette époque fut "monomaniaque". Elle a subi les sectarismes contraires professés par les élites, celui de la toute Puissance de l’État au nom de l’égalité, celui du totalitarisme du Marché au nom de la liberté. La chute du mur de Berlin, les dysfonctionnements croissants de la société mondiale, l’accroissement du nombre de pauvres et de l’écart entre riches et pauvres témoignent de la vanité de ces dogmes qui font fi de la complexité des sociétés humaines.
Face à ces échecs, le discours des décideurs en appellent de plus en plus à la "société civile", concept qui, trop souvent, relève plus de l’incantation verbale que d¹une nouvelle analyse du fonctionnement social. De même que Marx voyait dans la religion un opium du peuple au service de l’homme accablé, de même on pourrait penser que la "société civile" constitue pour des dirigeants décidés à ne rien changer, un "supplément d’âme" dans la jungle financière qu’ils contrôlent de moins en moins. L’intérêt principal de l’ouvrage qu’on va lire consiste à sortir le concept de "société civile" de son flou pour l’articuler sur l’ensemble du fonctionnement de nos sociétés. Nicanor Perlas analyse la "bataille de Seattle" contre l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), comme l¹entrée en scène de la "société civile" dans l’histoire, à côté des Gouvernements et des Marchés. La chute du mur de Berlin a fait croire un instant que l’un des deux sectarismes avait définitivement gagné et que, désormais, suivant l’ouvrage célèbre de Francis Fukuyama, nous étions entré dans la "fin de l’histoire" conçu comme le triomphe généralisé du capitalisme néo-libéral. Or, nous dit Nicanor Perlas : "Lors de la bataille de Seattle, la société civile du monde entier brisa le monopole du discours capitaliste sur la mondialisation. Dans un acte de rébellion culturelle, elle recadra tout le débat sur la mondialisation, en posant la question des valeurs et du sens et en se démarquant du discours élitaire dominant qui croyait asseoir sa légitimité en rationalisant un désir de pouvoir sans borne et une avidité immodérée pour l’argent. Par cet acte de défi qui couronnait des années de résistance, la société civile du monde entier marquait solennellement l’entrée dans un monde tripolaire et la naissance d¹une nouvelle histoire".
Loin de vouloir, après les cultes successifs de l’État et du Marché, nous amener à vénérer une nouvelle idole qui serait la société civile, Nicanor Perlas, en introduisant l’idée de triarticulation, vise à promouvoir un nouveau processus, et non pas un produit social fini. Il nous montre, non seulement en théoricien, mais en praticien engagé dans des programmes de développement dans son pays, les Philippines, notamment « l’Agenda 21 », que c’est à travers conflits, dialogues et partenariats entre les trois instances que sont le pouvoir politique, le pouvoir économique et la société civile que s¹élabore un développement humain. Alors que le système politique et économique sont des constructions qui vivent de la concurrence, « la société civile est fondamentalement auto-organistarice et essentiellement coopérative, comme tout système vivant en bonne sant頻 Sa sphère est celle des valeurs, de la culture et de la spiritualité, elle ne sépare pas la transformation de la société du travail sur soi. Dès lors, elle ne peut qu’entrer en conflit avec l’unilatéralisme du rouleau compresseur néo-darwinien de la mondialisation "élitaire" qui, selon l’auteur, est "sans scrupules, sans emploi, sans avenir, sans racines et sans voix".
Face à l’importance grandissante de la société civile, notamment à travers les ONG, la tentation est grande, pour la sphère politique et économique, de les instrumentaliser. Nicanor Perlas invite donc les acteurs, ceux qu’il appelle les "créatifs culturels" à une grande vigilance sinon, "les aspirations politiques, humaines, culturelles, sociales, écologiques et spirituelles seront réduites à l’état de marchandise pour servir les intérêts de l’économie mondiale, sous couvert de vouloir répondre aux besoins humains, sociaux et écologiques".
Au début du XXIe siècle, nous dit l’auteur, les gouvernements partagent la scène avec deux acteurs non étatiques: la communauté économique et la société civile, de mieux en mieux organisée et capable d’expression. Cet état de fait constitue un défi sans précédent pour la gouvernance mondiale.

Dans la langue traditionnelle, le mot "civil" s’oppose à "militaire" et à "ecclésiastique". Il désigne une sphère de la société qui n’est ni celle des gestionnaires de la force, ni celle des clercs des pensées uniques.
Dès lors, la société civile ne saurait se réduire à un vivier pour tous ceux qui "veulent être calife à la place du calife" ! ou à un troupeau sur lequel se pencheraient les élites mondiales. Nicanor Perlas renverse ce rapport entre la société civile et les dirigeants. Celle-ci lui apparaît comme le creuset où peuvent s¹inventer de nouvelles pratiques économiques et sociétales : "La société civile est actuellement ce pouvoir qui pousse les forces dominantes de la société à réaliser l’équivalent d’un"rite de passage". Les pouvoirs dominants doivent être rendus humbles. De cette humilité,"de nouvelles possibilités éclosent pour la société. Ainsi, la société civile devient le lieu de l’"initiation" de la prochaine génération de dirigeants de la société au sens large ­ des dirigeants qui tiendront mieux compte des besoins réels de tous les citoyens".
L’ouvrage de Nicanor Perlas touche le coeur de la crise de nos sociétés. Il contribue à nous arracher au face à face meurtrier et stérile du tout État et du tout Marché. Il introduit dans ce jeu la société civile, non pas réduite à un gisement d’électeurs ou de consommateurs, mais en acteur partenaire, porteur de la fraternité universelle des citoyens sans laquelle les combats pour l’égalité et la liberté virent au cauchemar. Bien loin de chercher à vendre une nouvelle pensée unique, Nicanor Perlas nous invite à élargir le champ de la dynamique sociale, convaincu que la culture, la spiritualité et la fraternité seront décisives dans ce qu’il appelle"le commencement de la Nouvelle Histoire".

Bernard Ginisty"

  • EAN
    9782913492219
  • Auteur
  • Éditeur
    YVES MICHEL
  • Genre
    Arts, société & sciences humaines
  • Date de parution
    15/09/2003
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    440 g
  • Hauteur
    140 mm
  • Largeur
    220 mm
  • Épaisseur
    30 mm
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