Pourquoi et comment la France fut-elle amenée à se substituer à l'Amérique pour assumer la charge de protéger ses propres Prisonniers de Guerre? Pourquoi et dans quelles conditions la Convention de Genève, constamment menacée, fut-elle parfois violée, parfois étendue et même éventuellement respectée? Le Reich, incapable d'assumer le Service Sanitaire des Prisonnier de Guerre, pourquoi et comment les malades furent-ils dans l'ensemble soignés et rapatriés? Le Reich hors d'état de ravitailler 1 500 000 Prisonniers de Guerre français, pourquoi et comment, l'Armée fut-elle sauvée de la famine? 70 000 Prisonniers de Guerre français s'étant évadés, pourquoi et comment n'y eut-il pas les représailles collectives et sanglantes qui endeuillèrent les camps britanniques? Pourquoi et comment y eut-il environ 400 000 Prisonniers de Guerre libérés en cours de captivité? Pourquoi et comment y eut-il une « Relève »? Pourquoi et comment, malgré les efforts de la propagande du Dr Goebbels, l'Armée est-elle rentrée intacte et saine? Pourquoi et comment l'impitoyable antisémitisme du Reich ne fit-il pas de ravages à l'intérieur des barbelés et les Prisonniers de Guerre juifs français sont-ils rentrés dans leurs foyers sans dommage majeur? Pourquoi et comment les règles du droit furent-elles appliquées dans les camps de Prisonniers de Guerre? Cet ouvrage apporte des réponses et des explications à toutes ces questions, mais celles-ci ne sont pas gratuites: les documents qui les appuient sont indiscutables et originaux. Certains d'entre eux seront peut-être lus avec quelque étonnement. Ils n'en sont pas moins rigoureusement authentiques. Cet ouvrage souhaite aussi montrer le dévouement obscur et efficace de civils, d'officiers, d'Hommes de Confiance, de soldats, qui, en plein coeur de l'Allemagne et en France occupée, s'attelèrent opiniâtrement pendant quatre ans à prévenir des catastrophes toujours menaçantes. Il montre aussi comment une Armée sans armes mena avec intelligence un combat particulier, difficile et dangereux. Le lecteur y trouvera enfin des récits vivants et vécus de Vichy en 1940, la mise en place de la Mission, la vie des prisonniers dans la tornade et la chute de Berlin. Biographie: Ancien Député de Paris, Ambassadeur de France, Chef du Service Diplomatique des Prisonniers de Guerre, Georges Scapini (1893-1976) est né à Paris. Il perdit la vue durant la Grande Guerre. Georges Scapini entreprit alors ses études de Droit. Il fut avocat à la Cour et s'inscrivit au Barreau de Paris. En 1928, il fut élu député de Paris et le demeura jusqu'à la fin de la IIIe République. En 1940, après l'Armistice, le Maréchal Pétain et le Président Laval, Vice-Président du Conseil, firent appel au concours de Georges Scapini. Comme Ambassadeur de France, il fut chargé de la Protection des Prisonniers de Guerre Français. Il installa ses Services à Paris et à l'Ambassade de France à Berlin. En décembre 1944, Scapini et sa Mission refusèrent de reconnaître l'autorité du gouvernement de Sigmaringen. Il signifia au Gouvernement allemand qu il n'entendait obéir qu'aux ordres du Gouvernement de Paris. Sur quoi, lui et sa Mission furent arrêtés et envoyés en Silésie. Dans le désarroi qu'engendrait la débâcle allemande, Scapini parvint à retourner à Berlin parmi les prisonniers et y resta jusqu'à la prise de Berlin par les Russes qui lui facilitèrent son retour en France. Dès son arrivée à Paris, le 18 mai 1945, l'auteur fut incarcéré à la prison de Fresnes où il séjourna dix mois. Il fut jugé en 1952 par le Tribunal Militaire du Cherche-Midi qui l'acquitta, ce qui, en bonne logique, mit fin à sa carrière politique et diplomatique. L'auteur a pensé devoir conter l'histoire d'une Mission qui, si elle fut sans gloire, ne fut pas sans efficacité. Le détail en est tout à fait ignoré des intéressés eux-mêmes. Il a également écrit « Révolution oui, guerre civile non! » (Grandes Conférences des Ambassadeurs).