Avec les débuts de la guerre d'Espagne arrivèrent les premiers réfugiés. Mais ce fut en 1939 que la retirada, la retraite de l'armée républicaine espagnole, jeta sur les chemins de l'exil une immense vague de 500 000 personnes. La France, prise au dépourvu et déchirée par un violent débat interne, les rassembla dans des camps qui, trop souvent improvisés dans l'urgence, se résumaient à une plage battue par les vents d'hiver. Nombre d'entre eux tentèrent l'aventure du retour o réémigrèrent en particulier vers l'Amérique latine. Le autres furent enrégimentés, embrigadés, ballottés d camps en compagnies puis groupements de travailleur étrangers et constituèrent une main d'œuvre contraint sur les chantiers du Mur de l'Atlantique ou en Allemagne Pourtant, ils s'engagèrent aussi précocement dans l Résistance ou, de Narvik à Paris libéré et à Berchtesgaden, parcoururent tous les champs de bataille sous l'uniforme français. Mais pour ces républicains, la libération de la France n'était que le prélude à la reconquête d'une Espagne qu'il fallait affranchir du joug franquiste. Espoirs pourtant déçus, ravivant au sein de l'exil des affrontements souvent hérités de la Guerre civile. Jusqu'à ce que, " posant enfin leurs valises ", vienne pour eux le temps de l'intégration