Détail du livre

Partager la page

L' ILLUSION DU BLOC BOURGEOIS

Code EAN13: 9782912107909

Auteur : AMABLE/PALOMBARINI

Éditeur : RAISONS D AGIR


   Non disponible
Description :

La gauche de gouvernement a abandonné les classes populaires en menant une politique de " réformes structurelles " néo-libérales liées à l'intégration européenne. A l'opposé, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à l'euro, protectionniste, doit répondre à des attentes contradictoires en matière d'emploi et de protection sociale. Ce livre montre que le modèle français est menacé par une crise de représentation politique profonde, dont l'issue est encore très incertaine.
Jusqu'aux années 1980, la politique sous la Ve république s'est caractérisée par l'opposition entre deux blocs, respectivement de gauche et de droite. Depuis, la vie politique française est en situation de crise : ces blocs se délitent. L'éloignement des partis de gouvernement de l'ensemble des classes populaires semble inexorable qui laisse sur la touche, d'un côté, artisans, commerçants, très petits entrepreneurs déçus par une droite jugée trop timide dans la réforme libérale et, de l'autre, ouvriers et employés, hostiles aux réformes dont est porteuse une unification européenne d'inspiration libérale à laquelle le parti socialiste est farouchement attaché.
La présidence Hollande n'est ainsi pas une anomalie dans l'histoire de la gauche de gouvernement mais la vaine tentative poursuivie depuis les années 80 de constituer un Bloc bourgeois enraciné dans la pensée " moderniste " et l'abandon des classes populaires
En réaction, le pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à la monnaie unique, plutôt protectionniste, est traversé par des contradictions majeures portant principalement sur le marché du travail et la protection sociale.
Les perspectives de la politique et de l'économie française, et même l'avenir du " modèle français ", dépendent donc de l'issue d'une crise politique qui n'est donc pas liée à des querelles d'appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d'être terminée.





Table des matières :

Introduction

1 La crise politique : l'absence d'un bloc social dominant
1.1 Caractérisation théorique de la crise politique
1.2 Les classes populaires sans représentation politique
1.3 D'où vient la crise de représentation des classes populaires : la rupture des anciennes alliances
1.3.1 Les deux blocs sociaux
1.3.2 Les difficultés du bloc de droite
1.3.3 L'éclatement du bloc de gauche
1.4 Stratégies " réformistes " et crise politique

2 L'identité du PS au cœur de la crise
2.1 Les racines du " tournant " : néolibéralisme et modernisme
2.2 La victoire idéologique de la deuxième gauche
2.3 Le projet européen au service du tournant socio-libéral
2.4 La présidence Hollande, fin de trajectoire

3 Le bloc bourgeois : un nouveau bloc hégémonique ?
3.1 Victoire idéologique des modernistes et construction européenne : la fin du bloc de gauche
3.2 Les transformations du rapport salarial au cœur de l'évolution du capitalisme
3.3 La difficile émergence du bloc bourgeois
3.4 La France sur les traces de l'Allemagne ?

4 Recompositions politiques
4.1 Restructuration de l'offre politique, une conséquence de la crise politique
4.2 L'éclatement de la gauche sur la question européenne
4.3 Le transformisme du Front national
4.4 Dans le nouvel espace, huit projets politiques

Conclusion


Notice biographique :

Cet ouvrage traite des mutations en cours dans la politique française, en partant d'une lecture originale de la crise politique qui s'est ouverte dans les années 1980 et qui est encore en cours. L'ouvrage s'appuie sur une analyse de la base sociale des coalitions qui se sont succédé au pouvoir et des tensions qui ont affecté ces coalitions sous l'effet des politiques menées.
La crise est définie comme l'absence d'un bloc social dominant, c'est-à-dire d'un ensemble de groupes sociaux dont les attentes sont satisfaites par la politique économique, et qui amènent en retour un soutien suffisant à une coalition politique donnée.
La politique sous la Ve république s'est caractérisée par l'opposition de deux blocs, respectivement de gauche et de droite, aux contours sociologiques relativement tranchés. Le bloc de gauche rassemblait la majorité des classes ouvrières et employées ainsi que la fonction publique ; le bloc de droite reposait sur les professions intermédiaires et les cadres du privé ainsi que le monde agricole. L'évolution depuis les années 1980 a fragilisé, pour des raisons différentes, chacun de ces blocs.
La tentative d'explorer la voie néo-libérale comme issue aux difficultés économiques a divisé la base sociale de la droite. Le problème de la droite a été de trouver une médiation entre les attentes de réformes néolibérales strictes provenant d'une partie de sa base (les indépendants et les cadres supérieurs) et la volonté de préserver les spécificités du modèle social français exprimée par l'autre partie de cette base.
La gauche de gouvernement a ouvertement divisé sa propre base sociale en choisissant la voie de l'intégration européenne et les choix de politique macroéconomique et structurelle que cela impliquait. La partie la plus populaire du bloc de gauche est devenue de plus en plus ouvertement hostile au choix de l'intégration européenne fait par le PS et s'est éloignée de la " gauche de gouvernement ".
La crise a impliqué ainsi l'éloignement de l'ensemble des classes populaires des partis de gouvernement. D'un côté, artisans, commerçants, très petits entrepreneurs déçus par une droite jugée trop timide dans la réforme libérale ; de l'autre, ouvriers et employés hostiles aux réformes dont est porteuse une unification européenne à laquelle le parti socialiste est farouchement attaché.
Les difficultés de prolonger les alliances sociales qui s'exprimaient dans les blocs de droite et de gauche jouent à plusieurs niveaux sur la politique française, en particulier sur les programmes qui portent sur politique économique et réformes institutionnelles.
La gauche socialiste cherche à " renouveler " sa propre base sociale en s'éloignant définitivement des classes populaires. L'objectif est d'agréger une alliance autour de l'intégration européenne, des réformes néo-libérales et des tentatives plus ou moins timides de défendre certaines parties du modèle social français : c'est le Bloc bourgeois. En ce sens, la présidence Hollande n'est pas une anomalie dans l'histoire de la gauche de gouvernement mais l'aboutissement logique d'une voie suivie depuis le début des années 1980 et dont les origines – qui s'enracinent dans la pensée " moderniste " - remontent en fait bien avant. Le problème du Bloc bourgeois, c'est qu'il est socialement minoritaire : seul le retrait des classes populaires de l'échange politique, et leur abstention massive lors des élections, pourrait lui permettre de s'imposer.
A l'opposé et en réaction à ce projet, il y a la tentative de construire un pôle " souverainiste ", hostile à l'UE et à la monnaie unique, et favorable à une certaine dose de protectionnisme dans la politique commerciale. Mais ce pôle – qui a pour vocation de regrouper l'ensemble des classes populaires - est traversé par des contradictions majeures, engendrées notamment par des attentes très diversifiées sur les politiques qui portent sur marché du travail et protection sociale.
Ces deux nouveaux projets coexistent avec les tentatives de reconstruire le bloc de gauche (qui cependant butent sur la question européenne) et celles de renouveler le bloc de droite (qui à leur tour, après la tentative avortée de proposer une " flexisécurité " à la française, sont en manque d'un projet de médiation entre les demandes qui coexistaient dans cette alliance sociale).
La crise politique n'est donc pas liée à des querelles d'appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Une difficulté qui explique la multiplication des stratégies en présence, bien plus nombreuses que par le passé. Les perspectives de la politique et de l'économie française, et même l'avenir du " modèle français ", dépendent de l'issue d'une crise politique qui est très probablement loin d'être terminée.


Bruno Amable et Stefano Palombarini sont économistes. Ils ont publié L'économie politique n'est pas une science morale aux éditions Raisons d'Agir en 2005.
  • EAN
    9782912107909
  • Auteur
  • Éditeur
    RAISONS D AGIR
  • Collection
    RAISONS D'AGIR
  • Genre
    Vie politique française et européenne
  • Date de parution
    23/03/2017
  • Support
    Poche
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    201 g
  • Hauteur
    176 mm
  • Largeur
    111 mm
  • Épaisseur
    11 mm
Aucune actualité liée