Enfant de l'Ecole de Nancy, il est forgeron, puis monte à Nancy un atelier qui prend rapidement de l'importance : bientôt Prouvé veut réaliser industriellement des bâtiments "bien faits". La création est pour lui indissociable de la fabrication : la main et la tête agissent ensemble dans un va-et-vient continu de la machine à la planche à dessin. Elle est aussi collective : l'atelier participe à la conception et aux résultats, techniques mais aussi financiers. En 1930, c'était trop de révolutions à la fois. Il a donc été "normalisé" en 1954, ce qu'il a ressenti comme une mise à mort. Il travaillera alors comme ingénieur-conseil pour les architectes et donnera des cours au Cnam pendant une quinzaine d'années. Un demi-siècle plus tard, ce témoignage est riche d'enseignement.