L’Inde au pied nu est la suite de L’Art de la pointe. C’est a la fois un journal de voyage, un essai, un poeme, une flanerie, un objet assez peu definis- sable qu’on a envie de prendre dans sa besace, comme chaque fois que l’ecriture virtuose se plait a brouiller les pistes pour le plus grand plaisir du lecteur. Se perdre un peu, tel est le programme de ce guide, la vraie saveur du voyage. La « substanti que moelle », ici un amour de la danse, nous est bien donnee dans ces pages, sans jamais nous priver du grouille-
ment du monde. On y croise un chauffeur de taxi « frappe par le sommeil comme d’une balle en plein coeur ». On decouvre l’abbe Faria avant Alexandre Dumas, ce locataire du chateau d’If, auteur du tres etrange Sommeil lucide. On a envie de sauver Mata-Hari, et un vieil ange remise dans une crypte, jadis sur le fronton d’une eglise, nous parle de la danse et de Rodin. Pierre Lartigue eclaire la lanterne magique avec une idee derriere la tete « comme une balle en plein cœur ».