« La plus grande emotion de ma vie », ecrit Lorrain a sa mere en decouvrant Venise. Texte rare ou retentit cet accord unique entre Venise, ses palais, ses lagunes et cette ecriture fin de siecle dite decadente. Saint-Marc precieux, gorge comme une phrase de Huysmans ou de Lorrain. C’est la meme orfevrerie... Jamais auparavant Jean Lorrain n’avait ecrit aussi longuement sur une ville. Venise est LA Ville, « Ma Ville » comme il le dit regulierement a ses correspondants dans ses differentes lettres. Son enthousiasme n’est nullement feint, il est le reflet d’un dernier amour pour une ville, comme Paris fut pour lui au milieu des annees 1880 un nouvel espoir. Venise marque donc une apotheose dans sa vie. Repris seulement en 1921 dans un volume de voyages a un tirage limite, ce texte fut originellement publie dans la Revue illustree en deux livraisons en 1905. L’ouvrage comporte un choix de ses lettres venitiennes.