Lutte à mort confirme l'extraordinaire force expressive de l'écriture de Pavel Hak, lorsqu'elle s'applique aux thèmes déjà explorés dans ses romans : la guerre, l'exil, la prostitution, les tortures physiques et morales infligées aux individus. Cette fois, non plus seulement à nos portes, dans des pays en proie au chaos, comme dans Sniper, mais chez nous, d'une façon plus insidieuse mais non moins destructrice. C'est ce parcours infernal, jusqu'à l'absurde - d'une région en guerre à une terre d'exil qui n'est pas également hospitalière à tous, conduisant les protagonistes à s'affranchir de toute loi - que décrit Lutte à mort. L'enchaînement fatal des violences, la logique qui sous-tend cet enchaînement inéluctable, en font un texte important, qui renoue avec une certaine tradition du théâtre politique. Les moyens de la fiction, lorsqu'ils portent la parole, l'incarnation des personnages et le réalisme visuel des situations vécues au degré d'intensité qu'atteint ici Pavel Hak, redonnent au théâtre lu son statut de littérature par excellence.