Extrait
L'ÉMERGENCE DU SUJET
La question du Sujet, ou de l'individu acteur s'affirmant comme maître d'oeuvre de sa vie, n'est pas facile à aborder pour un sociologue formé dans la tradition de l'école française, accoutumée au primat du collectif sur l'individuel, du déterminisme sur l'individualisme et faisant de l'individu le produit de la société dans sa façon d'agir, de faire, de dire, de penser et de sentir. Mais, voyons par quel constat de départ peut-il être amené à envisager le collectif à partir de l'individu-Sujet et à s'intéresser à ses motivations d'acteur, sa volonté de s'engager dans le monde et la société, pour les transformer ?
Quand le «tissu social» se désagrège... émerge la «figure du Sujet»
A notre époque, nous entendons souvent dire que tout s'écroule : les normes, les valeurs se perdent ; nous assisterions à l'effondrement des institutions comme la famille, l'Eglise, l'école, l'armée... Pour le sociologue, ce constat remonte au tournant du XIXe siècle, à l'époque où Emile Durkheim parlait déjà de l'éclatement de la conscience collective (faite de normes, valeurs et représentations communes), phénomène critique qu'il a appelé l'anomie (l'absence des repères communs) ! Cette situation ira en s'accentuant tout au long du XXe siècle, avec des phases plus critiques comme les temps de guerre (1914-1918/1939-1945), mais aussi les mouvements libertaires des années 1960-1970, l'avènement du chômage de masse (fin des années 1970) et la révolte des banlieues à partir des années 1980. Ainsi, «l'éclatement du lien social» est une réalité depuis au moins un siècle - comme l'atteste l'importance croissante du travail social. En conséquence, les individus paraissent aujourd'hui livrés à leur propre sort face à la vie de tous les jours et aux questions existentielles voire métaphysiques inhérentes à celles-ci. Chacun est appelé à vivre par lui-même, faire des choix, s'engager, fut-ce dans les choses ordinaires : sortir, voter, se marier, se séparer, mais aussi face à l'échec, la maladie, la mort, etc. L'individu vit tout cela dans la solitude et l'isolement.
La question du Sujet, ou de l'individu acteur s'affirmant comme maître d'oeuvre de sa vie, n'est pas facile à aborder pour un sociologue formé dans la tradition de l'école française, accoutumée au primat du collectif sur l'individuel, du déterminisme sur l'individualisme et faisant de l'individu le produit de la société dans sa façon d'agir, de faire, de dire, de penser et de sentir. Mais, voyons par quel constat de départ peut-il être amené à envisager le collectif à partir de l'individu-Sujet et à s'intéresser à ses motivations d'acteur, sa volonté de s'engager dans le monde et la société, pour les transformer ?
Quand le «tissu social» se désagrège... émerge la «figure du Sujet»
A notre époque, nous entendons souvent dire que tout s'écroule : les normes, les valeurs se perdent ; nous assisterions à l'effondrement des institutions comme la famille, l'Eglise, l'école, l'armée... Pour le sociologue, ce constat remonte au tournant du XIXe siècle, à l'époque où Emile Durkheim parlait déjà de l'éclatement de la conscience collective (faite de normes, valeurs et représentations communes), phénomène critique qu'il a appelé l'anomie (l'absence des repères communs) ! Cette situation ira en s'accentuant tout au long du XXe siècle, avec des phases plus critiques comme les temps de guerre (1914-1918/1939-1945), mais aussi les mouvements libertaires des années 1960-1970, l'avènement du chômage de masse (fin des années 1970) et la révolte des banlieues à partir des années 1980. Ainsi, «l'éclatement du lien social» est une réalité depuis au moins un siècle - comme l'atteste l'importance croissante du travail social. En conséquence, les individus paraissent aujourd'hui livrés à leur propre sort face à la vie de tous les jours et aux questions existentielles voire métaphysiques inhérentes à celles-ci. Chacun est appelé à vivre par lui-même, faire des choix, s'engager, fut-ce dans les choses ordinaires : sortir, voter, se marier, se séparer, mais aussi face à l'échec, la maladie, la mort, etc. L'individu vit tout cela dans la solitude et l'isolement.