En tant que mémoire, l'inconscient ignore la mesure du temps. Il n'y a pour le sujet d'autre temps que celui articulé par le langage. C'est pourquoi Jacques Lacan s'est intéressé à tout ce qui vient troubler ce processus de mémoire : l'oubli, comme le trou, est l'index d'une place vide, celle du sujet. Pour parvenir au terme d'une analyse, " faut le temps ". Mais le temps chronologique se trouve dans la cure subverti par le " temps logique ", un temps épistémique lié à l'opération du transfert, où la répétition n'est que d'apparence et où s'accumulent les bouts de savoir issus de l'expérience. Le temps logique de la cure est pour nous celui d'une démonstration de réel, où il s'agit de gagner sur le refoulement par l'acte, qui vise la jouissance afin de produire un nouveau sujet. La procédure de la passe, inventée par Lacan pour son Ecole, est le lieu où s'effectue une telle démonstration, celle de l'inconscient réalisé. Le temps, le sujet et l'acte analytique sont ici les termes autour desquels s'élabore un savoir nouveau, transmissible parce que portant la marque d'un désir inédit, qui porte à l'enthousiasme un désir lacanien dans la psychanalyse. Marie-Hélène Briole