La castration. Encore. Le mot n'est pas drôle, ni beau non plus. La chose l'est encore moins. Mais que dire de son sacrifice ? Lacan est le seul à en avoir eu l'idée, à contre-courant du sens commun et de Freud. Voici en quels termes : " Ce que le névrosé ne veut pas et ce qu'il refuse avec acharnement jusqu'à la fin de l'analyse, c'est de sacrifier sa castration à la Jouissance de l'Autre, en l'y laissant servir ".
La castration, ce manque qui relève du symbolique, concerne un objet imaginaire et dont l'agent est le père réel, serait-elle donc l'objet d'un sacrifice ? Le terme semble paradoxal : sacrifier un manque pour la jouissance de l'Autre, " en l'y laissant servir ". A quoi bon cet acharnement que Lacan impute au névrosé ? Quid du psychotique ? Ce manque qu'il rejette (forclôt), n'a-t-il pas à en faire aussi le sacrifice ? En va-t-il de même pour les femmes, lesquelles, croit-on savoir, n'ont rien à perdre de ce côté-là ? Autant de questions que ce texte de Lacan de 1960 laisse en suspens.
Paulo Siqueira