" Je raconte ce qui a marqué mes rencontres avec Pierre Emmanuel parce que, justement, elles m'ont orientée vers le volet de ses écrits – celui de la Résistance – auquel j'ai finalement consacré le plus de temps. Certainement parce que le poète m'y a conduit. Mais aussi parce que ces préoccupations correspondaient à mon penchant pour la révolte et l'engagement. Lorsqu'on lit : " […] On a peur / jusque dans le tombeau – on se tend, on épie / le mutisme, on apprend à mourir, on se tait / plus fort ! en entendant les longs cris de torture, / on est seul par millions sans patrie que la Peur […] ", comment ne pas sentir monter la révolte de celui qui a écrit cette poésie ? Pierre Emmanuel souhaitait aussi que ces recueils de la Résistance soient mis en valeur le plus simplement possible en encourageant le lecteur à se pencher sur sa façon de transmettre les sentiments de la révolte civile contre la guerre. Cela explique aussi, lorsque cela a été possible, le choix pour cette anthologie, de poèmes courts parce que plus accessibles. " – Ginette Adamson, extrait de la préface