L'étude des témoignages des premiers explorateurs européens du Canada conduit à un constat troublant : Pendant qu'elle se peuplait lentement de Français, la vallée du Saint-Laurent se vidait rapidement de ses éléments autochtones. Mais alors, d'où venaient donc ces Indiens que les Blancs continuaient à croiser et à fréquenter dans leur commerce et leurs explorations ? Faut-il trouver significative la multiplication des mentions concernant la présence dans la vallée laurentienne de peuples traditionnellement établis sur les côtes de l'Atlantique et dans les pays d'en Haut ? Pourquoi le portrait que Murray esquisse de la présence indienne dans le pays laurentien, aux dernières heures du Régime français, trouve-t-il si peu de ressemblance avec celui qu'avait brossé Champlain lorsqu'il vint pétuner à Tadoussac en 1 603 ? A ces questions, l'auteur propose une réponse qui refuse de s'assujettir à une vision immobiliste qui ferait traverser aux tribus amérindiennes deux siècles d'histoire coloniale sans perdre une plume.