Quatrième de couverture
Un livre, en conséquence, de critique littéraire ? Oui, mais au sens majeur que ce terme peut prendre, et qui l'oppose aux simples "informations sur l'actualité littéraire" qui, un peu partout, et notamment dans la presse, s'y sont substituées. Car la critique littéraire, à suivre l'opinion de Kundera lui-même, est un genre absolument nécessaire, dont les créateurs n'ont en définitive rien à redouter, tout au contraire. Dans la mesure justement, où il s'agit : * de méditer sur une uvre (et non d'en faire un simple compte rendu), * de saisir sa nouveauté, son originalité, * d'entrer dans la complexité (en l'occurrence assez diabolique) de sa composition et de ses dispositifs d'écriture, * d'être capable de la rattacher à un contexte mondial (celui de l'"art du roman" en général), seul susceptible de permettre d'en apprécier la valeur, * et, surtout, de s'attacher à dégager cette part inaperçue de l'expérience humaine, que tout grand romancier a pour fonction de faire advenir, et qui, selon la formule désormais consacrée, ne pourrait pas advenir par d'autres voies que par celles, spécifiques, du roman. Cette tâche, telle que Kundera l'a plusieurs fois postulée (je ne fais guère ici que reprendre ses propres propositions), c'est peu de dire qu'Eva Le Grand s'en acquitte, encore faut-il préciser qu'elle le fait avec une ampleur de vue et une finesse d'analyse tout à fait exceptionnelles.