Extrait
Extrait de l'introduction :
Les historiens du rock, et ceux de la musique pop en général, estiment que c'est presque un lieu commun de dire que «Bob Dylan a transformé du tout au tout le visage de la musique populaire».
Cameron Crowe, notes dans Biograph
Bob Dylan a commencé sa carrière de façon discrète et sans histoire. Après une enfance ordinaire à Hibbing, il se rend à Minneapolis, où il fréquente l'université durant quelques mois. Puis il commence à chanter et à jouer de la guitare pour les amateurs de folk à Dinkytown, avant de gagner New York et de se produire dans des cafés de Greenwich Village. Encore aujourd'hui, quarante ans plus tard, Bob Dylan est toujours «sur la route».
Durant ces années, et presque à lui seul, il a «transformé du tout au tout le visage de la musique populaire». Comme parolier, Dylan a donné à cette dernière ses lettres de noblesse, prêtant aux textes diffusés sur les ondes une substance dont ils étaient dépourvus avant le début des années 60. Dès le départ, Dylan prouve qu'il connaît à fond le folk, le blues, de même que la musique rock et country. Il puise dans ce fonds traditionnel et parvient à créer des chansons à la fois originales et tonifiantes. Certes, ses premières chansons doivent beaucoup à celles de Woody Guthrie, mais déjà leur originalité est patente, caractéristique, comme le montre bien «Song to Woody», pour ne nommer que celle-là.
En 1962, Dylan a déjà assimilé ces différents styles et il met au point sa propre technique de composition. On la distingue dès son deuxième disque, le monumental The Freewheelin Bob Dylan. Cet album comporte des chansons d'amour, des chansons à thème et certaines pièces humoristiques si frappantes que le public eut d'abord du mal à croire qu'elles étaient l'oeuvre d'un jeune homme de vingt-deux ans à peine.
La citation de Crowe placée ici en exergue est tirée d'une réflexion sur «Blowin' in the Wind», sans doute la chanson la plus célèbre jamais écrite au XXe siècle. Connue de chacun et interprétée partout, elle a aidé une foule de gens à prendre conscience de la ségrégation raciale, l'un des problèmes cruciaux qui minaient alors les Etats-Unis. Les Noirs, en effet, l'adoptèrent et la chantaient souvent lors de leurs manifestations en faveur des droits civiques. Elle devint d'une certaine manière un hymne de leur mouvement pacifique de désobéissance civile. Mais, comme le souligne Crowe, les chansons d'actualité écrites par Dylan ont acquis un statut légendaire parce qu'elles restent allusives, elles ne soulignent pas à gros traits ce qu'elles dénoncent.
Les historiens du rock, et ceux de la musique pop en général, estiment que c'est presque un lieu commun de dire que «Bob Dylan a transformé du tout au tout le visage de la musique populaire».
Cameron Crowe, notes dans Biograph
Bob Dylan a commencé sa carrière de façon discrète et sans histoire. Après une enfance ordinaire à Hibbing, il se rend à Minneapolis, où il fréquente l'université durant quelques mois. Puis il commence à chanter et à jouer de la guitare pour les amateurs de folk à Dinkytown, avant de gagner New York et de se produire dans des cafés de Greenwich Village. Encore aujourd'hui, quarante ans plus tard, Bob Dylan est toujours «sur la route».
Durant ces années, et presque à lui seul, il a «transformé du tout au tout le visage de la musique populaire». Comme parolier, Dylan a donné à cette dernière ses lettres de noblesse, prêtant aux textes diffusés sur les ondes une substance dont ils étaient dépourvus avant le début des années 60. Dès le départ, Dylan prouve qu'il connaît à fond le folk, le blues, de même que la musique rock et country. Il puise dans ce fonds traditionnel et parvient à créer des chansons à la fois originales et tonifiantes. Certes, ses premières chansons doivent beaucoup à celles de Woody Guthrie, mais déjà leur originalité est patente, caractéristique, comme le montre bien «Song to Woody», pour ne nommer que celle-là.
En 1962, Dylan a déjà assimilé ces différents styles et il met au point sa propre technique de composition. On la distingue dès son deuxième disque, le monumental The Freewheelin Bob Dylan. Cet album comporte des chansons d'amour, des chansons à thème et certaines pièces humoristiques si frappantes que le public eut d'abord du mal à croire qu'elles étaient l'oeuvre d'un jeune homme de vingt-deux ans à peine.
La citation de Crowe placée ici en exergue est tirée d'une réflexion sur «Blowin' in the Wind», sans doute la chanson la plus célèbre jamais écrite au XXe siècle. Connue de chacun et interprétée partout, elle a aidé une foule de gens à prendre conscience de la ségrégation raciale, l'un des problèmes cruciaux qui minaient alors les Etats-Unis. Les Noirs, en effet, l'adoptèrent et la chantaient souvent lors de leurs manifestations en faveur des droits civiques. Elle devint d'une certaine manière un hymne de leur mouvement pacifique de désobéissance civile. Mais, comme le souligne Crowe, les chansons d'actualité écrites par Dylan ont acquis un statut légendaire parce qu'elles restent allusives, elles ne soulignent pas à gros traits ce qu'elles dénoncent.