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REVUE HISTORIQUE VAUDOISE, N 119/2011. REFORMES RELIGIEUSES EN PAYS D E VAUD

Code EAN13: 9782889010660

Auteur : STAREMBERG NICOLE,

Éditeur : ANTIPODES SUISS


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Extrait

Extrait de l'introduction de Karine Crousaz et Yann Dahhaoui

L'année 2011 marque-le 500e anniversaire de la naissance du réformateur Pierre Viret. Cet anniversaire a été l'occasion de nombreuses commémorations, auxquelles la communauté académique n'a pas manqué de s'associer. Dans le souci d'apporter une pierre à l'édifice tout en proposant un éclairage nouveau, nous avons souhaité réunir des médiévistes et des modernistes autour du thème de la réforme religieuse en Pays de Vaud. Le but de ce volume est de présenter les recherches actuelles dans ce domaine, de poser quelques jalons et de susciter de nouvelles études.
L'idée était d'aborder la Réforme, celle du milieu du XVIe siècle, dans la continuité des entreprises réformatrices de la fin du Moyen Âge que la documentation conservée permet d'étudier. La profonde rupture marquée par la Réforme protestante ne doit en effet pas faire oublier qu'ont existé auparavant, pendant plusieurs siècles, des «appels à la réforme» de l'Église. Cette affirmation n'entend ni minimiser l'ampleur du changement induit par la Réforme, ni défendre l'Église catholique contre l'accusation d'immobilisme, ni même envisager, à la manière de l'ancienne historiographie protestante, les mouvements réformateurs médiévaux comme précurseurs du protestantisme. C'est avant tout l'objet «réforme» que nous avons envisagé comme thème de ce dossier.
Notre intention, exprimée dans le sous-titre du dossier, est de présenter cet objet dans toute sa complexité. Il ne s'agit pas de se limiter aux ruptures induites par les réformes et, en particulier, par la Réforme de 1536. Celles-ci ont déjà été soulignées par l'historiographie et, avant elle, par les discours protestants eux-mêmes. En témoigne, par exemple, la gravure retenue comme illustration de couverture. Oeuvre de Matthias Gerung (vers 1500-1570), elle figure «la chute de l'Église catholique». Elle appartient à une série de cinquante-deux gravures, fonctionnant par paires, destinées à illustrer la traduction allemande du commentaire sur l'Apocalypse de Sébastian Meyer (1465-1545), prédicant de Berne. À une première gravure représentant un épisode du récit biblique répond une seconde qui propose du même épisode une lecture allégorico-satirique, souvent anticatholique. Notre gravure fait pendante «la chute de Babylone» (Apc 18,1-24), datée de 1547. Elle présente une église qui s'effondre sur des dignitaires ecclésiastiques. Dans les décombres, on distingue différents symboles de l'ancienne foi : mitre, tiare, croix, tableaux d'autel brisés, monstrances, indulgences entassées dans des caisses. L'effondrement est causé par l'Évangile, qui flotte au-dessus du toit de l'édifice. Il s'agit d'une allusion claire au primat de la Parole de Dieu qui, dans la perspective protestante, est censée abolir les rites catholiques non scripturaires. Au pied de l'édifice, un groupe de puissants laïcs regardent l'Évangile. Une vieille Église qui s'effondre d'elle-même sous le poids de l'Évangile et des laïques avides de parole divine : tel est sans doute l'espoir des réformateurs. Dans les faits, cependant, comme l'ont montré plusieurs études et comme le confirment également plusieurs contributions du dossier thématique, l'accueil rencontré par la doctrine réformée est plus contrasté.
Suivant le type de réforme étudié, la chronologie et la géographie sont susceptibles de varier. Sans chercher à couvrir l'ensemble du «temps des réformes», que certains historiens font débuter au milieu du XIIIe siècle, nous avons choisi de limiter notre enquête à la fin du Moyen Âge, période durant laquelle les préoccupations réformatrices sont particulièrement prégnantes. Les contributions couvrent une période qui s'étend de l'épiscopat bien documenté de Georges de Saluées (1440-1461) jusqu'au milieu du XVIe siècle, lorsque la jeune Église réformée du Pays de Vaud traverse la grave crise de 1558-1559 qui aboutit au bannissement de Pierre Viret par le souverain bernois. Pour le XVe siècle et jusqu'en 1536, les études réunies ici portent avant tout sur l'Église de Lausanne, mère du diocèse. D'autres découpages - l'ensemble du diocèse ou d'une province d'un ordre religieux - auraient également été envisageables. Après 1536, c'est le Pays de Vaud bernois qui a servi de champ d'étude principal.
  • EAN
    9782889010660
  • Auteur
  • Éditeur
    ANTIPODES SUISS
  • Collection
    REVUE HISTORIQU
  • Genre
    Arts, société & sciences humaines - Histoire
  • Date de parution
    01/12/2011
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    848 g
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