Extrait
... et voici :
tressant l'ombre
d'une force neuve
des poussières d'aube
sont entrées
dans la ronde des jours
et veillent sur demain
Francine Carrillo
Le sourcier des âmes
Autour de lui c'était un va-et-vient de coeurs en dérives.
Il marchait... et on le suivait.
Il s'arrêtait... et on s'asseyait pour l'écouter.
A la croisée des chemins on l'approchait à l'improviste, avec son mal de vivre au bord des lèvres. Avec aussi un fol espoir au coeur.
Alors, d'un geste, d'un regard ou d'une parole, il semait à la ronde un nuage de poussières d'aube et le monde était en perpétuelle renaissance.
Il soufflait sur la braise des coeurs et ils redevenaient ardents. Car il n'avait point besoin d'une baguette de coudrier pour aller à la source des âmes.
Une invitation
Cette poussière d'aube s'est glissée entre les pages des évangiles. Elle s'y repose. Mais il suffit d'un souffle pour l'animer de nouveau. Car, après tant de siècles, la voix de Jésus tremble encore dans chaque mot qui a été retenu de lui.
Recevez les lignes qui suivent comme une simple «agitation» de cette poussière. Une proposition de lecture de quelques-uns de ces récits : des rencontres entre Jésus - le sublime sourcier et semeur de poussières d'aube - et des êtres en mal de vie. Textes accueillis et interprétés par un aumônier dont le ministère est justement d'accompagner des gens confrontés à leurs fragilités du corps et de l'âme.
Ces personnes qui ont côtoyé Jésus, malgré les deux mille ans écoulés depuis, sont toujours à nos côtés. Peut-être même qu'en lisant l'un de ces récits vous allez vous surprendre à murmurer - comme cela m'est arrivé à maintes reprises : «Mais, c'est moi ici...»
Un avertissement
Ces lectures risquent de vous laisser avec un goût d'inachevé. On aurait envie de dire : «Et après ?» Que s'est-il passé pour cette femme ou cet homme au lendemain de sa rencontre avec Jésus ? L'histoire reste étonnamment muette sur le déroulement de la suite.
Et si c'était parce que l'aventure pouvait devenir la nôtre et qu'ainsi elle nous appartenait ? Ne serait-ce d'ailleurs pas pour cela que la plupart des individus évoqués ici ne portent pas de noms ? Pour que nous puissions y glisser le nôtre à la place.