«Ce que je ne m'explique guère C'est pourquoi l'on boit à Paris Le mauvais vin dans des grands verres Et le bon vin dans les petits.» Gabrielle
La vie parisienne, Jacques Offenbach
Pressentant le rôle du vin dans l'univers qu'il ambitionnait de faire naître en sept jours chrono, le Créateur songea à recruter dans la concurrence. Il débaucha ainsi Bacchus qui s'ennuyait ferme sur l'Olympe et le bombarda illico sommelier en chef de l'univers et de ses dépendances. Bacchus ne chôma pas. Il suffit de lire la Bible pour s'en rendre compte: le vin y coule à flots. D'ailleurs, un gars comme Moïse aurait-il pu se lancer dans la traversée de la mer Rouge sans avoir pris auparavant un petit remontant, sinon plusieurs? On notera d'ailleurs que si cette mer était rouge, ce n'était sûrement pas par hasard. Jour après jour, Bacchus s'ingénia autant à vanter les mérites du vin et à enseigner son art qu'à le défendre face aux grincheux et aux grincheuses qui, déjà, le prohibaient. Il protégea la vigne dans tous les aléas de la vie de son peuple. Toujours vaillant, Bacchus fut aussi un acteur essentiel dans la campagne du Nouveau Testament en tant que conseiller viticole du fils du Créateur. Son intervention fut définitive dans l'affaire dite «des noces de Cana». On connaît cette histoire où l'ambiance dans une noce avait failli tourner au vinaigre quand le vin vint à manquer. On connaît aussi le résultat: de l'eau fut promptement changée en vin. Rien de plus naturel? Que nenni! A cette époque, les producteurs de bière et d'hydromel essayaient de capter une partie du marché du vin. Bièreux et mielleux constituaient déjà de puissants lobbies qui furent à deux doigts de parvenir à leurs fins au moment de la funeste pénurie de Cana. Sans l'intervention de Bacchus - intervention que l'on pourrait qualifier avant l'heure de peu... catholique - la cause du vin aurait pu être à jamais perdue.