Martin, un adolescent mutique, se débat avec l'éveil de son désir homosexuel. Au fin fond des Ardennes, cette découverte est bien plus qu'une torture intime, c'est une torture collective, qui fait de Martin de la chair à insultes, comme on dit à canon. Fasciné par Solaap, le nouveau de la classe, mais aussi par les scènes de guerre à la télévision ou par les speakerines, il est « cerné » par Cassandra et Géraldine, deux petites sauvages qui le martyrisent sous prétexte qu'il est « une sale pédale » et par sa prof de français à laquelle il rend des poèmes à la place de dissertations. Autour de lui, tous, adultes et adolescents, semblent vivre, à l'instar de Martin, leur sexualité sur le mode du fantasme, fantasmes nourris de coups donnés ou non, d'injures et de villes en guerre. Le déni de la dimension sexuelle dans les relations et, à l'inverse, le désir effréné et pervers de jouir sans limite semblent être la part d'ombre commune et secrète qui lie tous les personnages et gouverner leurs trajectoires singulières, pathétiques ou tragiques.