L'œuvre de Zoran Music, grave et sereine à la fois, est resserrée autour de quelques thèmes essentiels, traités de façon récurrente au long de son activité créatrice. Venise est l'un de ceux-là. C'est à peine sorti de Dachau qu'il la représente dans son éblouissante lumière et sa fragile poésie, en une longue série d'aquarelles et quelques rares peintures sur isorel. C'est délivré du long travail de mémoire sur les camps, dont l'aboutissement est son œuvre majeure Nous ne sommes pas les derniers, qu'il revient à elle et réalise la magnifique séquence des façades, de la Douane, du Canal de la Giudecca, du Moulin Stucky, lieux quotidiens privilégiés, tandis qu'avec l'admirable cycle des Cathédrales s'opère une véritable transmutation de la peinture en monuments de spiritualité.