La première rétrospective consacrée en France au peintre
norvégien Christian Krohg (1852-1925), qui sera accueillie au
musée d’Orsay à partir du 25 mars, est l’occasion de découvrir un
artiste quasi inconnu du public non scandinave et qui a pourtant
figuré au Salon à Paris à plusieurs reprises dans les années 1880
et 1890, séjourné dans toute l’Europe et fréquenté les cercles de la
peinture moderne et de l’avant-garde intellectuelle de Paris à
Berlin et Copenhague.
Si son nom est connu de tous en Norvège, c’est parce qu’il a, par
ses positions personnelles, par ses écrits et par sa peinture,
contribué aux évolutions décisives de la société norvégienne dans
les deux dernières décennies du XIXe siècle. Incarnation du credo
naturaliste nordique, profondément marqué par Zola et souvent
comparé à Gustave Courbet, Krohg a mis toutes les ressources de
sa technique picturale, sa foi en une peinture adaptée au temps
présent et son goût pour les expérimentations formelles de Manet
et des modernes au service d’une mission jamais abandonnée :
peindre les hommes et les femmes de son temps. Portraits,
figures de marins naviguant, scènes urbaines et scènes
domestiques, tour à tour présentés dans ce numéro, illustrent son
aptitude hors du commun à témoigner des vies humaines.