L'art de la Haute Renaissance, dont les principes furent formulés par Léonard de Vinci dans les années 1490, parvint à son plein épanouissement avec Bramante, Raphaël et Michel-Ange à Rome, Michel-Ange encore à Florence, et Giorgione et Titien à Venise. Après la disparition de ces grands maîtres, aux alentours de 1520 les artistes orphelins éprouvèrent des difficultés à donner une direction à leur travail. Les historiens d'art ont appelé cette période le maniérisme, un terme hélas entaché de connotations qui ont nui à l'appréciation de peintres comme le Parmesan, le Pontormo ou Bronzino. Loin d'être un art crépusculaire, le maniérisme est une école à part entière, à la fois portée vers l'avenir baroque et le passé gothique, fondée avant tout sur la primauté du dessin (privilégié par rapport à la couleur) et de la "manière", du style. Linda Murray analyse ici les réalisations artistiques du XVIème siècle, en Italie, le grand foyer de l'époque, et ailleurs en Europe, où le maniérisme acquit une individualité très forte.