Bien qu'elle ait toujours été ouverte aux influences extérieures, réinterprétant la tradition italienne autant que la française, la peinture anglaise a suivi le fil d'une évolution tout à fait singulière, s'isolant parfois des autres cultures et prêtant souvent à méconnaissance. Si Reynolds, Gainsborough ou Turner, puis, plus près de nous, Bacon ou Hockney sont appréciés du public cultivé, qui connaît en revanche Nicholas Hilliard, Arthur Devis ou Stanley Spencer ? Le mérite de la synthèse qu'offre le livre de William Gaunt tient à l'éclairage qu'il jette sur une tradition ininterrompue du Moyen Age au postimpressionnisme, au cubisme, au surréalisme et à l'art abstrait, puis sur les développements de l'art contemporain en Angleterre, dont chacun s'accorde à reconnaître l'extraordinaire vitalité.