Schumann a dix-huit ans et dit: "Il faut maintenant que l'homme véritable, caché jusqu'ici, entre en scène et montre ce qu'il est". La postérité retiendra surtout sa passion longtemps contrariée pour Clara Wieck; une fois marié, on le voudra assagi et bourgeois... Celui qui a trouvé une musique inouïe pour le fantastique et l'humour des poètes romantiques allemands, on le dira gagné par l'académisme... Même la folie qui l'a tourmenté et achevé change de signe: le visionnaire deviendrait quasiment impuissant. Pour que sa musique montre ce qu'il est véritablement, dans toute sa grandeur et ses faiblesses, il faut d'abord comprendre ce qu'il en a dit lui-même: "Créer tant qu'il fait jour".