Extrait
Extrait de l'avant-propos :
Bien que leur nombre soit moins considérable que dans d'autres pays d'Europe, la Grande-Bretagne, par exemple, les édifices du culte sont en France mal inventoriés et mal connus. C'est à peine si on mesure l'étendue quantitative de l'ensemble. Ce qui vaut pour le catholicisme s'avère a fortiori plus vrai encore pour les confessions historiquement minoritaires et, singulièrement, les Eglises protestantes, d'autant plus que les temples, malgré leur grand intérêt architectural - on pense, à Paris, à l'Oratoire, à Penthemont ou au temple de la Rédemption construit par Vaudremer - ne sont généralement pas ouverts au public pendant la semaine. C'est dire l'importance qui s'attache à la publication d'une enquête exhaustive à l'échelon départemental.
La Moselle se distingue parmi les autres départements du pays : qu'elle soit marquée, dans sa moitié orientale, par l'influence linguistique de l'aire germanique et qu'elle ait été rattachée au Reich pendant la période 1871-1918 ne permet de la comparer à personne d'autre qu'au Haut et au Bas-Rhin qui ont connu une histoire semblable et peut-être aussi à Montbéliard, principauté luthérienne placée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en dehors du royaume. Dans ces régions, l'influence de l'Allemagne se caractérise par le développement du luthéranisme et celle de la France par celui du calvinisme. Il n'est que de regarder la carte : la quasi totalité des temples réformés se trouve à l'ouest de la limite des langues ; toutes les églises luthériennes, sauf une, se situent à l'est de celle-ci.
L'inventaire des églises protestantes de Moselle permet, par l'important matériel documentaire qu'il propose, de situer les constructions protestantes dans l'histoire de l'architecture religieuse. Dans ce domaine, la bibliographie en langue française est rare : tout au plus peut-on citer la synthèse de Bernard Reymond, L'Architecture religieuse des protestants (1996). Nos concitoyens dont la curiosité est éveillée depuis une quinzaine d'années, à la suite de l'explosion du bloc des pays communistes, par la redécouverte du patrimoine de la partie orientale de l'Allemagne (je pense à Saint-Nicolas de Leipzig et la reconstruction de l'extraordinaire Frauenkirche à Dresde), disposent désormais d'un outil de travail commode et sans équivalent qui permettra de mieux comprendre l'esprit des bâtiments cultuels protestants, c'est-à-dire leurs objectifs en terme de fonctionnalité, les formes et les décors qu'ils préfèrent.
Bien que leur nombre soit moins considérable que dans d'autres pays d'Europe, la Grande-Bretagne, par exemple, les édifices du culte sont en France mal inventoriés et mal connus. C'est à peine si on mesure l'étendue quantitative de l'ensemble. Ce qui vaut pour le catholicisme s'avère a fortiori plus vrai encore pour les confessions historiquement minoritaires et, singulièrement, les Eglises protestantes, d'autant plus que les temples, malgré leur grand intérêt architectural - on pense, à Paris, à l'Oratoire, à Penthemont ou au temple de la Rédemption construit par Vaudremer - ne sont généralement pas ouverts au public pendant la semaine. C'est dire l'importance qui s'attache à la publication d'une enquête exhaustive à l'échelon départemental.
La Moselle se distingue parmi les autres départements du pays : qu'elle soit marquée, dans sa moitié orientale, par l'influence linguistique de l'aire germanique et qu'elle ait été rattachée au Reich pendant la période 1871-1918 ne permet de la comparer à personne d'autre qu'au Haut et au Bas-Rhin qui ont connu une histoire semblable et peut-être aussi à Montbéliard, principauté luthérienne placée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en dehors du royaume. Dans ces régions, l'influence de l'Allemagne se caractérise par le développement du luthéranisme et celle de la France par celui du calvinisme. Il n'est que de regarder la carte : la quasi totalité des temples réformés se trouve à l'ouest de la limite des langues ; toutes les églises luthériennes, sauf une, se situent à l'est de celle-ci.
L'inventaire des églises protestantes de Moselle permet, par l'important matériel documentaire qu'il propose, de situer les constructions protestantes dans l'histoire de l'architecture religieuse. Dans ce domaine, la bibliographie en langue française est rare : tout au plus peut-on citer la synthèse de Bernard Reymond, L'Architecture religieuse des protestants (1996). Nos concitoyens dont la curiosité est éveillée depuis une quinzaine d'années, à la suite de l'explosion du bloc des pays communistes, par la redécouverte du patrimoine de la partie orientale de l'Allemagne (je pense à Saint-Nicolas de Leipzig et la reconstruction de l'extraordinaire Frauenkirche à Dresde), disposent désormais d'un outil de travail commode et sans équivalent qui permettra de mieux comprendre l'esprit des bâtiments cultuels protestants, c'est-à-dire leurs objectifs en terme de fonctionnalité, les formes et les décors qu'ils préfèrent.