Trois personnages que tout sépare, et pourtant terriblement proches. Un jeune médecin s’engage comme casque bleu et part pour sa première mission dans un pays laissé exsangue après une guerre fratricide. Une femme et son enfant ; si elle ne rit jamais, est-ce simplement pour cacher ses dents cassées ? Un homme incapable de survivre à la violence qui le ravage. Et l’on se demande si la notion même de bonheur n’est pas devenue obscène… Tout dans ce roman déroute. Le style, d’abord : en le découpant en séquences, l’auteur annonce d’emblée que toute communication est devenue impossible entre ses personnages. Et pourtant, depuis la nuit des temps, leurs familles vivent dans des fermes voisines, se sont soutenues, aimées, entraidées. Mais il suffira d’un instant pour faire basculer leur pays dans la guerre, la haine, le viol, le meurtre –et aussi, bien sûr, le refus absolu de renoncer à ce qu’on est. Le jeune médecin plein d’idéal n’a aucun moyen de les sortir de l’impasse ; sa foi, son amour, sa mission volent en éclats contre cette violence assourdissante.