"Je ne sais si c'est le destin qui m'a poussé à cette tribune..." Ainsi commence le discours que Gao Xingjian a prononcé le 7 décembre 2000 à Stockholm pour la réception du prix Nobel de littérature. Après s'être réjoui de pouvoir exposer librement au monde ses conceptions sur l'art et la littérature grâce à cette tribune, Gao Xingjian réaffirme sa foi dans une littérature libre de toute contrainte sociale et politique, où l'écrivain ne représente que lui-même et n'est jamais porte-parole d'un peuple ou d'une cause. Etonné que l'on veuille enfin écouter sa voix fragile, il explique - en rappelant l'exemple de grands auteurs chinois et occidentaux - que la littérature reste la seule consolation pour survivre dans un monde fou qui ne marche pas forcément vers une évolution positive... Et la seule façon pour l'homme de se sentir vivant dans ce monde-là.