Tout a commencé le jour où l'auteur, Marcel Bervoets, découvre que son père, Hans Tragholz, qu'il n'a pas connu, est mort à Buchenwald en 1945. Jusque-là, rien que de très «commun» : un cas parmi six millions de juifs morts en déportation... Mais son expulsion de Belgique n'est pas, au départ, le fait du régime répressif nazi qui s'y instaurera. Si, le 10 mai 1940, le jour de l'offensive éclair des troupes de Hitler, Hans Tragholz, réfugié autrichien, a bien été «déporté» vers le sud de la France, ce le fut par les autorités de son pays d'accueil. Et son «cas» est loin d'être unique : plus de 8 000 juifs réfugiés en Belgique - dont 4 400 auraient été identifiés - auront subi le même sort... Un silence de plomb recouvre depuis lors cet épisode particulièrement sombre. Marcel Bervoets veut comprendre ce qui s'est réellement passé. Quelles circonstances, quelles raisons - d'État ou autres - ont conduit son père et ses compagnons d'infortune dans les villages de Saint-Cyprien et Argelès-sur-Mer, près de Perpignan, au camp d'internement de Gurs, dans le Béarn, et, au-delà, pour beaucoup, sur le chemin de la mort ? L'auteur a mené avec obstination sa propre enquête pendant plus de deux ans. Le résultat, documents et preuves à l'appui, est implacable, accablant. Et bouleversant. Car La liste de Saint-Cyprien raconte le destin tragique de ces milliers d'individus, victimes de la vilenie des hommes.