Ce recueil, c’est de la poesie contemporaine, mais moins dans la forme que dans le choix des sujets et la facon de les traiter. Par exemple, Karel Logist ecrit directement sur son smartphone. Comme pour s’assurer que dans leur saisie meme, ses mots parlent du monde tel qu’il est, tel qu’on l’habite. Mais surtout tel que lui l’habite. Car c’est bien un autoportrait qu’il nous offre, le portrait de quelqu’un qui a voue sa vie aux mots et qui regarde le monde depuis un etonnement jamais passe. Certes, on sent de la lassitude et de la tristesse. Certes, bien des choses emmerdent le poete. Mais la grande force de ces 69 selfies flous est de ne jamais verser dans la desesperance. Au contraire, ils nous rappellent que la vie a «besoin d’etre aimee et envie d’etre desiree, de prendre le vent de face, de sentir et de consentir, de se savoir surprise». En ces temps incertains, qui n’y souscrirait pas?