Extrait
Alors doucement, j'ai commencé à me dégager de ce dans quoi mes parents m'avaient engagé.
D'abord la prière. Mes parents prétendaient que c'était la chose la plus simple qui soit : il «suffisait» de parler à Jésus comme si je parlais à mon meilleur ami. L'embêtant, c'est que j'avais déjà un meilleur ami - en fait j'en ai même deux - et je ne voyais pas l'intérêt d'un troisième. Et quand, par mauvaise conscience, je me forçais à prier, je finissais toujours par m'endormir. Bon, c'est sûr, mon lit n'est pas le meilleur endroit pour prier mais de toute façon, je me serais endormi car il n'y a rien de plus somnolent que de converser avec quelqu'un qui ne vous répond jamais.
La confession n'a pas tardé à connaître le même sort. Déjà au temps où j'y allais, j'étais plutôt réticent : m'enfermer dans un confessionnal pour énumérer tous mes torts devant un prêtre, bonjour le supplice ! Alors j'ai eu l'idée de l'adoucir... à ma façon. J'ai mis au point une liste de péchés fictifs qui n'avaient rien à voir avec moi. Il me suffisait de la ressortir d'une confession à l'autre. La supercherie aurait pu durer longtemps si je n'avais pas ajouté la luxure à ma liste - j'avais lu que c'était un des sept péchés capitaux - sans savoir ce que cela signifiait. Je n'ai pas dû le confesser avec suffisamment de conviction car le prêtre m'a demandé si je comprenais ce que je disais.