Solveig et l'assistante sociale dans le jardin d'une maison.
Solveig: Dehors. On fait de la buée. On dirait que le sang se fige. Ne se donne plus la peine même d'aller aux extrémités du corps. Pas le courage.
L'assistante sociale: Solveig, je suis gelée!
Solveig: Pourtant le soleil.
L'assistante sociale: Satané soleil froid qui ne réchauffe pas. Il vient quand?
Solveig: Entre neuf heures et midi. Un truc comme ça. Ils ne disent jamais l'heure vraiment. Il faut être là. Attendre. On ne rentre pas pour l'instant. Dedans non. Tu peux toi si tu veux tu peux, moi j'attends là. Debout.
L'assistante sociale: Ils auraient pu donner un rendez-vous fixe pas une plage horaire sans sable ni cocotiers...
Solveig: Rentre si tu râles.
L'assistante sociale: Je ne râle pas. Je trouve qu'ils ne sont pas très compréhensifs.
Solveig: Je n'attends de personne qu'il le soit.
L'assistante sociale: Tu es déjà revenue?
Solveig: Oui.
L'assistante sociale: Rentrée?
Solveig: Oui. Il faudra rentrer. Indiquer où est le compteur électrique.
L'assistante sociale: Pourquoi tu ne la vends pas cette maison?
Solveig: C'est ma relique à moi. Que personne ne s'en empare. On me l'a donnée comme compensation, je la garde. On ne sait pas les gens. Ce qu'ils en feraient on ne sait pas.
L'assistante sociale: Mais tous ces souvenirs là partout...
Solveig: M'appartiennent. Tu vois, je suis debout. Il est mort. Je suis debout. Notre maison. Je suis debout.