Vibko et Stanko. Les deux hommes sont cachés d'un côté et de l'autre d'une espèce de no man's land, éventuellement une rue déserte qui sépare deux camps en guerre.
Vibko (en criant): Stanko! /// Stanko, fils de pute! Tu m'entends? /// Allez, fils de pute, réponds. Je sais que tu m'entends. /// Mais putain, réponds, je peux pas rester ici toute la journée! Tu m'entends ou pas?
Stanko (en criant): Oui.
Vibko: T'es toujours en vie, fils de pute?
Stanko: Oui.
Vibko: On t'a pas encore brûlé la cervelle?
Stanko: Non.
Vibko: Espèce d'enculé! Tu n'en as plus pour longtemps, espèce de salaud! On va te découper bientôt en petits morceaux, toi et les autres enculés de ton espèce. T'entends?
Stanko: Oui.
Vibko: T'entends et tu dis rien?
Stanko: Je dis que tu es une ordure et un chien enragé, et un jour on va te faire avaler ta propre langue.
Vibko: Hier, c'est toi qui m'as tiré dessus?
Stanko: Oui.
Vibko: Et tu savais que c'était moi?
Stanko: Oui.
Vibko: Tu savais que c'était moi et tu m'as pourtant tiré dessus?
Stanko: Oui. Et la prochaine fois je vais t'éclater la cervelle, t'en fais pas.
Vibko: Espèce de pourriture! Vous avez encore à manger, là-bas? Il y a une odeur de pourriture qui vient de chez vous... Bientôt vous allez manger votre propre merde, toi et les autres fils de pute. Dès que le vent souffle de chez vous, ça sent la merde. Vous avez déjà commencé à bouffer de la merde? Stanko, tu m'entends?
Stanko: Oui.
Vibko: Je t'ai posé une question.
Stanko: Va te faire foutre!
Vibko: Dis-moi, fils de pute, est-ce que ma soeur a accouché?
Stanko: Oui.
Vibko: Quand?
Stanko: Cette nuit.
Vibko: Elle s'en est bien sortie?
Stanko: Oui. Et sache que j'ai un garçon, espèce de connard.
Vibko (rire involontaire sincère): Un garçon!
Stanko: Oui. Et on va lui donner ton nom, espèce de bon à rien.
Vibko: Ah non, je ne veux pas!
Stanko: Mais si, pauvre con. On va l'appeler Vibko car pour nous tu es déjà mort, alors on va appeler le petit Vibko pour que la famille se rappelle Vibko le connard qui est déjà mort.