Réunion syndicale au Bois du Cazier. Février 1956.
Le Président: Je donne la parole à Nicolas Dethier de la FGTB, secrétaire de la Centrale des mineurs.
Nicolas Dethier: Camarades, nous voici réunis pour écouter vos plaintes et vous demander de siéger au Comité d'hygiène et de sécurité, ici, au Charbonnage du Bois du Cazier. Si vos places restent vides, nous ne progresserons pas, c'est certain. Quand nous unissons nos efforts, vous le savez comme moi, il y a des résultats positifs, des résultats possibles.
Le Délégué Cuypers: Moi, Cuypers, votre délégué syndical, je peux vous certifier qu'au point de vue de la sécurité, de votre sécurité, les délégués ne peuvent plus intervenir au Bois du Cazier. Pourquoi? Pour un motif bien simple: au Comité d'hygiène et de sécurité, il n'y a plus de représentants des ouvriers!
Le Mineur 1: Ça ne sert à rien, on ne nous écoute plus: les accidents ne sont pas notés.
Le Mineur 2: Au puits, on ne fait plus de travaux d'entretien.
Le Délégué Cuypers: C'est vrai, la direction n'a plus que le nouveau puits en tête. Je l'ai signalé à Monsieur De Geyter, le Délégué de l'Inspection des Mines; vous savez ce qu'il m'a répondu? "Ne vous plaignez pas, votre puits n'est pas en mauvais état."
(Réactions de mécontentement dans la salle, cris: "Mensonges, mensonges, mensonges!")