Choisir de refaire une traduction, c'est d'abord se poser le problème de l'interprétation du Marchand de Venise: de toutes les interprétations qui en ont été faites - d'un Shylock âpre "sauvé" par ses deux grandes tirades, à un Shylock noble et rédempteur, tel que le XIXe siècle a pu le percevoir. C'est donc revenir aux mots mêmes du texte pour les décrypter comme les traces d'une histoire qui se trame dans les marges (de l'Histoire), voire à l'envers (de l'antisémitisme). Bref, c'est cet équilibre fragile et fascinant entre la traduction, qui n'est jamais qu'une lecture, et les parti-pris de l'écriture dramaturgique