Comment retrouver le souffle du mistral qui a fait frissonner la Cour d'honneur le soir de l'ouverture? Ce frémissement furieux du lierre sur les vieilles pierres et la plus belle fourberie de Daniel Auteuil-Scapin, triomphant des éléments? Comment recréer, la fièvre retombée, la salutaire déglingue de Royal de Luxe, Jeanne d'Arc rôtissant à la broche devant un public ébahi, et cette montgolfière bleu et or s'élevant au crépuscule dans un ciel à l'unisson? Comment ressusciter le passage météorique et essentiel de Tadeusz Kantor, l'enchantement multiple du Ramayana, le petit Parthénon de Jérôme Savary au sommet de la falaise de la carrière Callet, éclairé par cette lune rousse qui rend fou les amoureux du Songe d'une nuit d'été? Comment enfermer le Festival d'Avignon 1990 dans un livre sans lui faire perdre l'émotion immédiate, le rire spontané, la vérité de l'éphémère, la richesse de ses cent spectacles? En choisissant de capter "à chaud" par les textes, par l'image, par les témoignages, par la photo instantanée et révélatrice, par le reportage au jour le jour, mais aussi par l'analyse, l'intimité effervescente de cette fête unique au monde. Dans cet album, publié pour la deuxième année, bat, nous l'espérons le coeur du Festival d'Avignon.