«Singe qui te balances entre les vers et la prose, et qui passes en boitant du dressage à la danse, il te faudra inventer de nouveaux tours si tu veux passer sur l'autre rive. Car la mémoire est un élevage de poussières, de riens phosphorescents dans la lumière du rêve, et sa trace est un fleuve qu'on traverse à pied sec : l'eau dans laquelle se baignait l'humanité depuis le déluge, l'eau qui lavait le crime et sur laquelle flottait quelques fois ce qu'on appelle l'âme, cette eau s'est retirée doucement de la rive où nous respirons si mal.».