Depuis plusieurs décennies, l'Europe de Bruxelles, cette " construction " accaparée par des spécialistes, ne relève plus de l'analyse rationnelle. Elle est présentée aux citoyens sous forme d'une quasi-religion, ressentie et subie comme irréversible. L'Europe n'est plus l'objet d'aucun débat.
Afin de savoir si nous suivons la bonne route, Ramu de Bellescize remet ce qui reste une question au centre de l'arène politique. Avec vigueur polémique, il soumet à la réflexion quelques-uns des postulats les mieux établis de la pensée unique européenne.
Lorsque tout est décidé plus loin, plus vite, de manière incontournable, par des technocrates inconnus, comme si les nations avaient besoin d'un souffleur, quand toutes les justifications invoquées à l'appui des décisions sont d'ordre technique, la liberté n'est-elle pas vraiment menacée ?
Les transferts de compétences qui tendent à retirer aux Etats européens leurs attributions en matière de justice, de défense et de monnaie, ne sont-ils pas la première étape de la disparition pure et simple de ces nations ?
Est-ce aux nations de s'adapter à l'Europe ou à l'Europe de s'adapter aux nations ?
Le général de Gaulle, en son temps, avait déjà soulevé la question : " Parmi les Gaulois, les Germains et les Latins, beaucoup s'écrient : "Faisons l'Europe !" Mais quelle Europe ? "
En définitive, peut-on faire l'Europe sans défaire la France ?
Poser la question, c'est y répondre.