"La joie du voyageur," devenu "Le nombre du sable", se situe à la frontière de plusieurs genres dont il joue avec une visible délectation... Il s'agit d'un recueil très organisé, construit et pensé, de textes qui seraient à la fois des fictions et des poèmes en prose, ce qui n'est pas nouveau, en soit, mais des essais, ce qui nous fait entrer dans une catégorie tout de même assez nouvelle. En fait, chacun des textes a un sujet : de Marcel Prous à Calder ou à Brown, il parle à mots plus ou moins couverts de peintres, d'écrivains, de sculpteurs, d'artistes qui sont comme des déclencheurs et auxquels, ce qui n'est que justice, la fiction qu'ils ont suscitée apporte à son tour un éclairage inédit. Plus que le livre d'un amateur, c'est celui d'un artiste qui paie son tribut à ceux qui l'ont accompagné, l'accompagnent.