René Benjamin (1885-1948): «L histoire parle longuement de provinces conquises et de traite s signe s. Mais nous ne sommes pas que des citoyens. Nous sommes d abord des hommes. Je voudrais, en marge de l histoire, faire l inventaire de nos pertes et de nos gains dans le royaume de l a me.» Parce que son nom a figure sur une des listes du «Comite National des E crivains» en 1944, parce qu il est mort en 1948 alors que l omerta n e tait pas encore leve e, Rene Benjamin doit-il demeurer, plus de soixante ans apre s sa mort, un auteur maudit? Il fit partie de la phalange d e crivains qui, pen- dant les vingt anne es de l entre-deux-guerres et les cinq ans d occupation allemande, sur les plans moral et intellectuel, constitue rent la colonne verte brale de la France. Il e tait doue pour tout. Son oeuvre est immense et multiforme. Il adorait le the a tre, il adorait Balzac, Cervante s et Molie re, dont il a e crit des vies anime es et vibrantes de sympathie. Il a trace des portraits e blouissants des plus grands de ses contemporains: Anna de Noailles, Maurice Barre s, Georges Clemenceau, Charles Maurras, Sacha Guitry et Le on Daudet. Dans tous les domaines, il a de fendu la ve rite contre l imposture. Dans ce «Qui suis-je?»Rene Benjamin, Xavier Soleil montre que sa plus grande gloire est plus haute. Elle re side dans les pages d une vive intelligence et d une grande sensibilite qu il e crivit a l automne de sa vie, entre 1938 et 1948, et qui, des Innocents dans la tempe te et du Printemps tragique a L Homme a la recherche de son a me et au Divin visage, forment, comme au-dela de son uvre me me, une couronne dore e de hautes me ditations sur la civilisation, le destin de la France, la destine e humaine et la vie de l a me.