"La lecture du journal est la prière quotidienne du philosophe" ce propos de Hegel, tant de fois cité, atteste du souci de la chose politique chez ce grand spéculatif. L'on sait le rôle considérable qu'a joué, depuis près de deux siècles, Principes de la philosophie du droit. Cette science de l'Etat a fourni l'occasion de débats et d'inspirations à tous les régimes politiques modernes, du communisme au fascisme, de la social-démocratie à la conception libérale de gouvernement. Jean-Louis Vieillard-Baron, après nous avoir donné une récente et excellente traduction de ce grand livre chez Garnier-Flammarion, nous propose avec Hegel penseur du politique une remarquable synthèse de la philosophie politique de Hegel à l'intérieur de sa métaphysique générale. Y sont notamment abordés les rapports de la société civile et de l'Etat, de la moralité et de la religion, avec la famille comme étape incontournable de la moralité sociale, les relations entre les nations, guerre et paix. Le problème du mal y est posé dans ce qui relève du politique, l'injustice, la misère et le crime que Hegel situe dans la société civile bourgeoise mais dont la solution n'est donnée que par l'Etat. Il n'y a chez Hegel ni utopie ni nihilisme historique. L'histoire réalisée dans l'Etat est la manifestation de la volonté libre.