Cent ans de cinéma, et pas tout à fait cent ans de montage. D'ailleurs, comment cela a-t-il commencé, le montage, par hasard ou par nécessité? Et les monteurs, ont-ils jamais joué un autre rôle que celui de "professionnels de la profession" soucieux de leur pouvoir? Est-ce qu'il leur arrive d'improviser, d'inventer, à la table de montage? Et pourquoi, parmi les cinéastes, y a-t-il ceux qui adorent le montage, et ceux qui le détestent? Pourquoi cette force des affects vis-à-vis d'une des opérations - la dernière, très différente il est vrai, du tournage - les plus rigoureuses de la fabrication des films? Opération matérielle et intellectuelle, modeste et ambitieuse à la fois, paradoxale déjà: couper, coller la pellicule, et recréer le « ruban de rêves » dont a parlé Orson Welles. A travers l'agencement de différents éléments de connaissance pratique personnelle, rencontres, entretiens, lectures et visionnement de films - Dominique Villain fait entrevoir ce qui se passe dans la pénombre de la salle de montage. Elle invite, d'autre part, le lecteur à parcourir l'histoire du cinéma à partir de l'idée de liberté qui signe, selon elle, les grands noms du montage: Griffith, Eisenstein, Welles, Rouch, Godard.