Quand je serai grand ! Lorsque l'enfant énonce cette parole il donne un signe de son inscription dans le temps : futur annoncé, passé représenté. Cette inscription est nécessaire à sa construction et l'impossibilité d'y accéder, de pouvoir penser l'attente, différer la satisfaction, ne laisse d'inquiéter, voire d'irriter les adultes. Ces derniers sont pris dans l'échelle du temps : dès la naissance on est en avance, en retard sur une norme temporelle médico-éducative. Qu'en est-il alors pour ceux des enfants qui ne veulent ou ne peuvent " grandir " ? Qu'en est-il aussi pour ceux, souvent adolescents, qui ne peuvent se projeter dans cette promesse d'avenir ?