De la fin du XVe siècle à l'aube des Lumières, les conflits religieux divisent les croyants. L'Europe médiévale, catholique et romaine, a vécu. Désormais, la bataille fait rage autour de la Bible. Ses lectures plurielles, ses multiples traductions, les diverses exégèses dont elle est l'objet, en font une arme tour à tour offensive et défensive : chacun se retranche derrière ce qu'il croit être la vérité et voit l'hérésie dans le camp adverse. Face à un dogmatisme ecclésiastique trop rigide, l'Ecriture apparaît comme le seul recours pour gérer les antagonismes confessionnels, les problèmes moraux et même les canons esthétiques. Des intellectuels de tous bords s'emploient à polémiquer, à convaincre, à prêcher, selon une approche personnelle des textes dont ils choisissent des références propres à étayer leur discours. C'est à cette démarche et à ses incidences sur le débat religieux qu'est consacré cet ouvrage.