La discipline historique n'a pas pour but de célébrer telle ou telle particulière ni de ressusciter ce qui s'est passé, mais de faire comprendre dans leur complexité, les rapports qui unissent ou divisent els hommes et les femmes, les divers groupes sociaux, les gouvernants et les gouvernés..., sans en gommer les aspérités. En même temps, l'histoire garde dans nos sociétés démocratiques une fonction civique irremplaçable ; Rien ne peut éviter à chaque génération l'acte qui lui fait recevoir un passé hérité et de l'altérer dans le même temps en fonction des exigences du présent. L'histoire en tant que discipline ne cesse donc de reformuler ses problèmes parce que l'évolution du monde ne cesse de modifier la perception des réalités hummaines qui nous entourent. L'expérience de la Seconde Guerre mondiale, la chute du Mur de Berlin, l'effondrement du communisme, la réémergence des nationalismes et des intégrismes religieux, entre autres, obligent aujourd'hui les historiens à s'interroger sur la validité des procédures par lesquelles ils expliquent les changements. C'est dans cet esprit que nous avons voulu nous interroger sur le métier d'historien et ses évolutions depuis une cinquantaine d'années. Ni bilan systématique ni manifeste d'une " nouvelle histoire ", cette réflexion sur la longue marche des recherches historiques dresse une sorte d'état des lieux, vingt ans exactemetn après la publication, en 1974, de l'ambitieux Faire de l'histoire qui a margué une génération.