Le Journal de Kingsley retrace le périple d'un Camerounais de 22 ans, traversant en toute illégalité l'Afrique sub-saharienne (le Cameroun, le Nigeria, le Niger, le désert du Sahara, l'Algérie et enfin le Maroc) pour s'embarquer sur un esquif de fortune, et affronter l'Atlantique afin d'entrer clandestinement aux Canaries, territoire espagnol et donc européen. Olivier Jobard a accompagné Kingsley tout au long de sa périlleuse aventure et a retracé photographiquement ce que l'on peut considérer comme une épopée des temps modernes. Le livre conçu tel un carnet de route entrecroise ce parcours photographique avec des textes écrits par Florence Saugues à partir du journal de route de Kingsley et de leurs nombreux entretiens. Des légendes manuscrites de Kingsley accompagnent plus particulièrement certaines photographies qui ont réveillé en lui le souvenir de moments d'intenses émotions. Ce témoignage inédit et courageux raconte ce qu'est la réalité d'un immigrant clandestin : du moment où il quitte les siens à son arrivée à Paris où il vit désormais avec quelques illusions en moins. "Dans le Nord du Maroc, près de Nador, il y a une ville Melilla : c'est une enclave sous autorité espagnole. Dans une petite forêt, juste à côté de Nador, la forêt de Gourougourou, près de trois mille clandestins attendent de passer en Europe. Ils ont bâti un camp permanent. On l'appelle entre nous le village des camarades. Camarades c'est comme ça que les gens du Maghreb appellent les immigrants illégaux comme moi."