Sous le titre Les deux fins d'Orimita Karabegovié, Janine Matillon publie le premier grand roman sur la guerre de Bosnie. Son héroïne, Orimita, musulmane, fait partie du vivier de femmes bosniaques prisonnières, destinées à être "ensemencées" par les conquérants serbes. Elles subissent en même temps un lavage de cerveau idéologique, journellement administré par "le professeur". La façon dont la jeune femme échappe à la purification ethnique et l'esprit swiftien avec lequel l'auteur dénonce les idéologies meurtrières qui se font s'entre-tuer, sous le regard indifférent du monde entier, des milliers de gens habitués à vivre ensemble, accompagnent une description des horreurs de la guerre d'une force poétique hallucinante.