Paul Nothomb – qu'on a redécouvert aussi comme romancier et comme chroniqueur de la Guerre d'Espagne – poursuit ici, en tant que philosophe et hébraïsant, sa lecture des premiers chapitres de la Bible: une lecture non religieuse, libre à tous les sens de la parole, libertaire presque; et malgré cela secrètement spirituelle. Se fondant une fois de plus sur le texte hébreu et sur lui seul (écartant par conséquent les gloses « pieuses » proposées par les rabbins comme par les théologiens chrétiens), il propose ici une nouvelle « traduction » de l'histoire de la Pomme (soit celle de la tentation de l'homme au Jardin d'Éden), qui tourne le dos à toutes les réductions infantilisantes et tente de creuser à la racine même de ce « libre choix » qui nous a fait hommes. Une vision athée mais lucide du message biblique qui avait, peu avant sa mort, fasciné E.M. Cioran.