On vient de remettre l'oeuvre de Louis Bromfield sous les projecteurs en rééditant avec succès "Précoce automne" (prix Pulitzer 1926), "Mississippi" et "Emprise', et"Colorado'. Une oeuvre incroyablement populaire des années 20 aux années 50, puis un peu vite oubliée, et que l'on est en train de redécouvrir pour ce qu'elle fut aussi (et que l'on évitait alors de crier sur les toits): une dénonciation carabinée de la bonne conscience et du conformisme de la vertueuse Amérique. C'est sans doute par ses romans "américains" que l'on peut aborder le plus directement l'art dérangeant de Bromfield (qui fréquenta aussi les chemins de l'Asie). Où l'on découvrira, chez ce fils de fermier de l'Ohio, un continuateur inattendu de Thomas Hardy - esprit sauvage, et porté lui aussi à un pessimisme peu accommodant.