[...] Cervelle de chat, plumes de paons, trognons de choux, coquilles d'oeufs, agate, scrupule de loup se sont étroitement unis à toupie, cabine de bains, yeux de verre, porte-manteau, boîte d'allumettes, scaphandre ressortissant au pire scabreux moderne pour parfaire une substance émanant véritablement de l'inconscient collectif. Cette substance phosphorique est celle des personnages de Brauner. Le hiératique, le fantomatique et l'automatique qui se les disputent ne sont pas pour nous faire oublier la grande et primitive inquiétude dont ils sont issus : le désir et la peur président en effet, par excellence, au jeu qu'ils mènent avec nous, dans le cercle visuel très inquiétant où l'apparition lutte crépusculairement avec l'apparence. Il s'agit de savoir à chaque seconde qui l'emportera de l'instinct sexuel et de l'instinct de mort. La peinture remarquablement libre de Brauner nous fait assister, peut-être comme aucune autre, à ce combat singulier.